A nouveau dans la rue, les infirmiers de l’Education nationale obtiennent gain de cause

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© Snies Unsa Education / Twitter

17 novembre 2016 – La mobilisation ne faiblit pas dans la profession. Après la manifestation unitaire du 8 novembre, les infirmiers de l’Education nationale ont défilé hier dans les rues parisiennes. Un mouvement national à l’appel des syndicats Snics-FSU et Snies-Unsa, pour protester contre une négation de leur spécialité.

L’ambiance était bon enfant au départ du cortège, boulevard des Invalides. Entre La Compagnie créole diffusée à la sono et slogans détournant le thème musical du dessin animé « La Reine des neiges », l’humour décalé était à l’honneur.

Ils étaient plus de 800 infirmiers à manifester hier, selon les syndicats, après un premier mouvement qui en avait rassemblé autant le 29 septembre, sur les 7 500 agents que compte le pays.

Remise en cause des missions infirmières

Principal motif de colère, la remise en cause par certains rectorats, des missions des infirmiers pourtant entérinées par un arrêté, puis une circulaire de novembre 2015.

« Nous avions obtenu que la loi pour la refondation de l’école de 2013 ainsi que la loi Santé intègrent la promotion de la santé des élèves », l’érigeant « en préalable à la réussite scolaire », rappelle Christian Allemand, secrétaire général adjoint du Snics-FSU. Le rôle des infirmiers a alors été redéfini (suivi et dépistage infirmier, suivi des élèves bénéficiant d’un Projet personnalisé de scolarisation ou d’un Projet d’accueil individualisé, éducation à la santé individuelle et collective…), au sein d’une équipe pluri-professionnelle.

« Or, les académies n’appliquent pas les circulaires. On se fout de la santé des gamins ! » Certaines demanderaient aux soignants d’assurer les dépistages et visites médicales des six ans, en lieu et place des médecins. « Nous ne sommes pas compétents pour ça », tranche Christian Allemand. En mai dernier, deux recours ont ainsi été déposés auprès des tribunaux administratifs, contre les académies de Toulouse et Nantes.

Glissement des tâches

Cette sollicitation illégitime intervient dans un contexte où il est déjà beaucoup demandé à ces professionnels. « Ils reçoivent un peu plus de 13 millions d’élèves dans leurs consultations. Ces derniers ne vont pas bien sur le plan psychologique. Il y a de plus en plus de gamins dans les infirmeries…, s’inquiète Christian Allemand. Si les infirmiers se chargent des visites médicales des six ans, ils ne pourront pas faire tout le reste. »

Tiphaine, infirmière à Paris, pointe un glissement des tâches. « Nous sommes aussi amenés à faire de l’administratif, qui relève d’un secrétariat médical. » Même constat de la part de sa consoeur Marion, qui dénonce en outre « des redéploiements de postes, à moyens constants. Dans l’académie de Créteil, les infirmières sont traitées comme des pions soudain déplacés d’un établissement à l’autre. Et dans certaines écoles primaires, nous n’avons pas de locaux, pas de matériel. »

« Manque de reconnaissance des infirmières »

Le manque de considération apparent exaspère. Un sentiment renforcé par la crainte d’être maintenant intégré dans un corps interministériel. Au risque de devenir des infirmières à tout faire.

Un rapport de la modernisation de l’action publique commandé par le ministère de l’Education nationale préconiserait en effet une « externalisation ». « Ce serait un manque de reconnaissance de nous promener ailleurs, lâche Sonia, de l’académie de Poitiers. J’ai « signé » pour être auprès des élèves. Je veux continuer à faire ce que j’aime. »

Et la profession revendique sa spécificité. « Nous exerçons dans un milieu particulier, face à des élèves souvent asymptomatiques du point de vue des pathologies traditionnelles, qui pourtant ne vont pas bien », explique Christian Allemand. « Nous faisons même parfois du social », témoigne Isaac, qui reçoit régulièrement des mineurs isolés étrangers dans son lycée parisien.

Rappel à la loi

Les syndicats ont finalement été reçus au ministère de l’Education nationale, par Jean-Baptiste Prevost, le conseiller social de la ministre, et Marie-Cécile Naves, conseillère en charge de la santé. « On nous a assuré que les infirmiers resteraient à l’Education nationale », rapporte Christian Allemand.

Anticipant cette manifestation, le ministère avait rappelé à la loi les rectorats auteurs de circulaires erronées, dans un courriel du 9 novembre, ont appris les syndicats. « Il leur est demandé de les réécrire puis de les envoyer à la Dgesco (Direction générale de l’enseignement scolaire, ndlr), qui les validera. Le cabinet de la ministre s’est engagé à un contrôle de tous les textes avant la fin du mois de décembre. »

Emilie Lay

Article publié sur ActuSoins.fr le 18 novembre 2016

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